Bienvenue sur mon site! Ici, je compile mes écrits sur divers sujets, souvent sous forme d’essais philosophiques, mais je partage également des poèmes et des réflexions plus banales.
Pourquoi l’idée d’un site?
A tout juste 25 ans (le lancement du site coïncidant avec la date de mon anniversaire) il était plus que temps de construire quelque chose qui me donne du sens. L’écriture a été une grande passion pour moi depuis le début de ma vie adulte, en particulier les essais autour de questions philosophiques. Après avoir traversé plusieurs épreuves sur mon parcours et au termes de premières études universitaires qui n’ont jamais abouti, je me devais de retrouver des perspectives d’avenir, de l’intérêt en une chose, un projet qui me porte intellectuellement. En réalité, cela fait plusieurs années que j’ai collecté bien des écrits sur différents sujets, mais que je n’ai jamais pris la peine de rendre publics ni de les rassembler et les organiser en une structure cohérente. L’idée d’un blog est naturelle dans mon cas: cela permet d’enfin prendre le temps de structurer mes pensées tout en me permettant de me confronter à leur critique sans avoir à les figer dans le marbre, ou plutôt sur le papier d’un ouvrage définitif publié. Je pense que le format du blog est particulièrement adapté à l’exposition d’idées philosophiques, car dans les deux cas nous avons affaire à un quelque chose de mutable qui possède néanmoins une cohérence interne.
Si lancer un blog semble aujourd’hui si naturel, pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt? La réponse tient cette simple réflexion: la peur d’être illégitime, ou inintéressant. Ces deux peurs se sont évaporées ces derniers temps, et ce pour deux raisons.
Premièrement, j’ai confronté à ma peur de dire des choses fausses, non proprement sourcées ou carrément absurdes, la réalité de la publication, qu’elle soit grand public ou académique: le degré d’exigence que je m’imposait était tout simplement intenable et, pire que tout, me paralysait. Quand je me suis rendu compte du nombre de réflexions peu originales, parfois maladroites, ou se prétendant d’un bon sens qui n’a rien d’universel que l’on peut retrouver dans des littératures au demeurant très bien renseignées (sans parler des autres), cela m’a convaincu que, même si sourcer ses affirmations et faire preuve d’expertise sont des choses de très grande valeur, elles restent néanmoins des habitudes qui doivent se limiter en pratique à un type de discours que ce blog ne prétend pas porter. J’entends par là que, bien que je m’efforcerai de dire des choses vraies, raisonnablement sourcées, tout en faisant preuve de science, d’honnêteté et d’ouverture sur la littérature de chaque sujet, je n’ai pas la prétention d’écrire des articles scientifiques dans le sens académique du terme. En outre, mon travail ici est indépendant de mes activités professionnelles et/ou académiques, ainsi que des institutions auxquelles je peux être affilié. Toutefois, je ne ferme pas définitivement la porte à ce que mes écrits aient une portée qui dépasse le cadre du simple blog personnel, et c’est bien des idées qui pourraient mériter une analyse plus experte que j’aimerais partager, sans avoir pour autant la prétention de remplacer ni même d’usurper une parole experte. Enfin, l’erreur fait partie du processus de recherche et de réflexion, et afin qu’il reste facile de s’améliorer, il est nécessaire qu’elle ne soit pas trop sévèrement blâmée quand elle est reconnue.
Ensuite, pour ce qui est de ma peur d’être inintéressant, là encore c’est ma confrontation à divers corpus qui a pu me rassurer, mais c’est en fait surtout les conseils et retours d’amis très chers qui m’ont enfin ôté tout doute paralysant. En réalité, cela fait déjà un certain temps qu’au détours de conversations savantes que j’ai pu avoir avec ces amis, ceux-ci ont montré un intérêt intellectuel répété pour mes réflexions et mes visions, de sorte que j’ai fini par me convaincre que j’avais en effet des choses intéressantes à partager avec un plus large public. Mais ce qui me bloquait de le faire, c’est que même si mes pensées sont intéressantes, elles ne sont pas les plus intéressantes, notamment en comparaison d’avis érudits ou même profanes plus aboutis. A nouveau, c’était un degré d’exigence trop important que je m’imposais. De plus, la réalisation que tout étudiant en philosophie a sûrement déjà eu de voir des idées que l’on pensait originales figurer à l’identique dans des textes plusieurs fois centenaires a également participé à une peur de la redondance, voir de l’auto-humiliation par l’exposition de mon manque de culture et de connaissances “sérieuses”. Ainsi, sauf mention contraire, les idées que je développe viennent bien de moi, mais je ne saurais jamais prétendre qu’elle soient originales, car il est probable qu’elles se retrouvent, peut-être même en totalité, dans des ouvrages antérieurs qui ne seraient pas parvenus à ma connaissance limitée, et qu’un traitement meilleur leur ait déjà été accordé.
En bref, mes doutes passés résument assez bien la direction souhaitée pour mon blog: des articles soignés, renseignés, en accord avec les connaissances les plus abouties en chaque domaine, avec le but de traiter des idées philosophiques avec tout le sérieux qu’elles méritent, mais tout en restant dans le registre de l’écriture personnelle, souvent aux allures plus littéraires que scientifiques (qu’y puis-je? J’aime les belles phrases). Au final, le seul vrai critère reste ma propre satisfaction.
Qui suis-je?
Je tiens à ce que mon identité exacte reste un secret ouvert, mais je pense qu’il peut être intéressants de partager plusieurs gros détails de ma vie afin de mieux comprendre mon projet ainsi que mes méthodes. Mon pseudonyme est C. Mon parcours scolaire a été un parcours très réussi, avec de grandes ambitions et de beaux projets à la clé. A tout juste 18 ans, je me suis lancé dans l’aventure d’études universitaires en mathématiques, discipline qui m’animait au plus haut point (le mot est très faible!) et dans laquelle j’avais la chance d’avoir pu à plusieurs reprises faire la preuve de mes compétences. Ainsi, ma première année d’université s’est déroulée avec brio, jusqu’à ce que… vienne la pandémie de COVID-19. Pour rester bref, s’en sont suivies des années d’une santé mentale déclinante, de diagnostics assez lourds, de sentiments très douloureux, de rêves brisés, de peurs, d’incertitudes, et d’abysses très, très profondes. Cela aura finalement durer pendant pas moins de cinq années, avec des remontées et des rechutes. C’est presque par miracle que j’ai complètement guéri de tous ces états internes, bien que ma vie reste brisée par endroits – à moi de faire de ces morceaux une belle mosaïque. Pendant ces années d’errance, j’ai fait une croix sur mes projets d’avenir dans la recherche mathématique, ce que je ne regrette pas vraiment, mon dévolu s’étant finalement porté sur une autre discipline: la philosophie. Pour être tout à fait exact, c’est la quête de connaissance et l’amour de l’exercice intellectuel qui ont toujours guidé ma vie, et ma curiosité ne connaît pas de frontières. Ainsi, c’est presque toutes les sciences qui m’attirent irrésistiblement, parmi lesquels, dans un ordre d’intérêt décroissant approximatif, la philosophie, la logique, la physique, les mathématiques, la linguistique, l’astronomie, l’histoire, et tout ce qui s’en suit. Des indices me font penser que j’ai réussi à accumuler un certain nombre de connaissances et de compétences dans toutes ces disciplines, mais toujours de manière assez superficielle, ce qui n’est pas sans m’attrister. Je n’arrive malgré tout pas à canaliser mon attention sur des champs trop restreints, et c’est avec une immense joie que j’explore tous les sujets, même en surface. Mon ambition reste cependant d’accumuler des compétences suffisantes en chacun de ces domaines, chose dont je me sens toujours capable, et ce n’est pas un manque d’humilité que de l’admettre.
Entre temps, même si je fais face à des pressions externes croissantes, notamment financières, j’ai décidé de reconstruire sur les ruines de mes ambitions passées en poursuivant un cursus en philosophie dans une université anglaise.
“Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ’em up with worn-out tools”
Quelle philosophie?
Cette question semble anodine, mais ne pas me l’être posée plus tôt a contribué à la souffrance que j’ai pu vivre. En effet, mon rapport à la philosophie est en réalité antérieur à celui que j’ai pu avoir avec les mathématiques, selon certaines acceptions de ces termes. A dire vrai, les premiers doutes quant à mon parcours ont pu apparaître juste avant mon entrée à l’université. Ce que je cherchais dans les mathématiques, c’était en fait la philosophie qui pouvait me le procurer. Sauf que toute tentative d’approcher cette discipline s’est soldée par une incompréhension béante. Quelque chose m’attirait vers elle, mais en même temps ses méthodes me repoussaient. La solution à ce paradoxe, ce n’est que bien trop tard que je l’ai trouvée: la philosophie à laquelle j’ai été confronté n’était pas toute la philosophie, mais uniquement une vision biaisée de la discipline, bien que majoritaire dans mon pays d’origine. J’ai eu la chance d’enfin comprendre ce qui se jouait grâce au vidéaste Monsieur Phi. Pourquoi ses vidéos sur la logique, l’éthique ou la conscience me parlaient dans leur méthode, leur prose, leurs analyses, alors que ce que j’ai pu lire de philosophie à l’école ou à l’université c’était des auteurs sanctifiés, obscurs, franchement incompréhensibles. Le mot fût enfin lâché: je me reconnaissais dans la philosophie analytique, et le manque d’opportunités pour étudier cette discipline dans mon pays en comparaison à la culture continentale ambiante était d’une souffrance énorme. J’avais l’impression qu’on m’interdisait la pensée vraie, logique, rationnelle, alors même qu’on prétendait la glorifier. Ma relation avec la philosophie continentale n’est pas des plus saines, et comme beaucoup de philosophes analytiques francophones, mon rejet de la tradition continentale est d’autant plus virulente qu’on me l’a imposée, parfois très sournoisement, car elle refuse souvent de dire son vrai nom. Pourtant, entre un Deleuze et un Carnap, c’est un monde de différence dans la méthode, et s’il est raisonnable que l’on puisse parler du premier, il est nécessaire que le second soit présenté occupant une place au moins aussi importante dans les programmes mais aussi dans la culture philosophique en langue française.
Il n’est peut-être pas étonnant que ma formation très scientifique m’ait poussé tout naturellement vers le bord analytique, mais ce sont d’abord des considérations purement méthodologiques sur ce que devrait être la philosophie qui ont forgé mes positions. Toutefois, bien que la vérité, l’argument et la logique occupent une place centrale dans mes réflexions, je ne pense pas être un analytique dur dans mes écrits, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, car mon usage de la logique formelle est très sporadique, et que dans la majorité des thèses que je défends, je le fais en partant de situations personnelles, particulières, sans prétention à une forme de vérité logique. Ensuite, je pense que le sérieux de la méthode analytique requiert une verve vue à la baisse afin de ne pas surcharger l’argument; or, en pratique, je ne peux pas produire de réflexion philosophique qui ne fasse pas appel à un style un tant soit peu littéraire, mais si cela rend le message moins clair. Ce n’est pas une bonne pratique philosophique, mais c’est le style assez informel des conversations entre amis et des pensées tardives de fin de soirée qui me pousse à reproduire ce que je connais le mieux. Finalement, je souscris malgré moi à la thèse quasi-bergsonienne (bien que j’oppose la pensée de Bergson sur les fins) que la philosophie commence par l’intuition, et que même si celle si mérite d’être soumise à l’examen de la raison, j’essaye de rendre justice par ma plume à cette forme primitive de ma pensée. Cela étant dit, je reste convaincu qu’un argument logique vaut bien plus qu’une métaphore commode, et je m’efforcerai d’en faire la preuve.
Pourquoi ce titre?
Pourquoi mon blog s’appelle-t-il “River’s Wiser End”? Et pourquoi un titre en anglais? La réponse à cette deuxième question est simple: le français est ma langue principale, mais je compte également écrire en anglais, qui est une langue que je maîtrise correctement et dans laquelle j’aime m’exprimer. Je pourrai également traduire certains posts dans les deux langues, mais je pense que le français et l’anglais sont des langues suffisamment communes pour qu’une telle traduction ne soit pas d’office nécessaire. Mes études, lectures et références académiques sont aussi en très grande partie anglophones, ce qui en fait une langue dans laquelle je produis déjà beaucoup de contenu écrit. Il pourra arriver que j’écrive également dans d’autres langues que je maîtrise un peu, comme le grec ou le suédois, car j’ai une grande passion pour l’apprentissage des langues ainsi que leurs aspects littéraires.
Le titre de mon blog peut se traduire approximativement par “l’embouchure la plus sage de la rivière”. On peut y voir une métaphore, celle du cours d’une vie qui aspire à la sagesse en naviguant sur ses eaux, celle de réflexions personnelles qui se déversent dans la mer de la philosophie. En réalité, je suis éminemment mauvais quand il s’agit de trouver des titres et pseudonymes (ce que vous aurez vite fait d’avoir remarqué), et j’ai simplement repris le nom d’une musique que j’aime bien tirée de mon jeu préféré: Outer Wilds. C’est aussi simple que ça. Pas besoin d’explications plus profondes (et fausses).
Dernières remarques
Je tiens à conclure en rappelant que tout ce qui apparaît sur ce site ne représente que des réflexions personnelles à un instant donné, qu’elles sont soumises à un réexamen constant par ma personne, qu’elles ne sauraient représenter des idées arrêtées, et qu’elles doivent être traitées de manière raisonnable en conséquence. En outre, elle sont à différencier de toute mes activités professionnelles et académiques passées, présentes et futures. Finalement, je précise que je n’utilise jamais l’IA dans ma rédaction, ni dans l’élaboration d’arguments ou de positions, bien que des conversations que j’entretiens avec elle puisse alimenter mes propres réflexions ou me mener à des sources intéressantes. J’ose espérer que cela se verra à mon style propre, tout en rajoutant qu’utiliser une IA irait à l’encontre de l’idée de ce projet comme activité personnelle qui donne du sens.
Enfin, sauf mention contraire, tout texte sur ce site est la propriété de son auteur (moi-même, C.) et peut être cité sans réserve en le créditant.